Introduction
Le Canada a récemment dévoilé sa nouvelle stratégie "IA pour tous", affirmant son ambition de devenir un leader mondial en matière d'intelligence artificielle. Avec seulement 12 % des entreprises canadiennes utilisant l'IA, et à peine 8 % des petites entreprises, le défi est de taille. Ottawa prévoit que d'ici 2034, 60 % des entreprises adopteront l'IA. Cependant, derrière ces objectifs ambitieux se cache une réalité plus opaque : des contrats avec des entreprises américaines comme Palantir, réalisés dans le secret.
Un problème de transparence
Le ministère canadien de la Défense a signé en 2020 un contrat de 14,4 millions de dollars avec Palantir, une entreprise américaine spécialisée dans l'analyse de données. Depuis, ce contrat a été révisé à maintes reprises, atteignant une valeur de 44,4 millions de dollars l'année dernière. Ces dépenses, souvent non divulguées, posent un problème de transparence, d'autant plus que le gouvernement prône une souveraineté technologique nationale.
Prioriser les entreprises canadiennes
La stratégie "IA pour tous" promet un soutien significatif aux entreprises locales avec un budget de 500 millions de dollars pour des prises de participation et 700 millions pour la puissance informatique. Pourtant, ces mesures semblent contourner l'achat direct de produits canadiens. En évitant d'attribuer des contrats d'achat directs, le gouvernement échappe à la complexité administrative, mais aussi à l'opportunité de renforcer l'écosystème local.
L'impact des investissements publics
Investir dans des entreprises prometteuses peut être une bonne chose, mais lorsque l'État prend une participation, il peut influencer la gouvernance des entreprises. Cela peut décourager les entrepreneurs qui craignent une ingérence excessive. De plus, ces investissements ne garantissent pas l'utilisation des produits locaux par le secteur public, ce qui était pourtant l'un des objectifs initiaux de la stratégie.
L'exemple de Palantir
L'utilisation de la plateforme Gotham de Palantir par la Police provinciale de l'Ontario depuis 2015 illustre bien le problème. Bien que ces systèmes de fusion de données et de soutien à la décision soient utiles, ils ne sont pas conçus par des entreprises canadiennes. Cela soulève des questions sur la véritable volonté du gouvernement de soutenir l'innovation nationale.
Conclusion
Pour que le Canada atteigne ses objectifs en matière d'IA, il est crucial que les décisions d'achat soient transparentes et favorisent les entreprises locales. Les décideurs doivent s'assurer que les ambitions de souveraineté technologique ne soient pas compromises par des contrats réalisés dans l'ombre.
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