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securite7 février 2026

L'Iran vers un blackout internet permanent : quand la censure devient infrastructure

L'Iran envisage un internet à deux vitesses où seule l'élite aurait accès au web mondial. Un modèle qui pourrait inspirer d'autres régimes.

L'internet des privilégiés

Selon les dernières informations de Rest of World, l'Iran pourrait bientôt transformer son blackout internet temporaire en système permanent à deux vitesses. L'idée est simple mais terrifiante : un internet national filtré pour les masses, un accès au web mondial réservé aux élites approuvées par le régime.

Ce n'est pas de la science-fiction dystopique. C'est un plan en cours d'élaboration par un gouvernement qui a déjà prouvé sa capacité à couper internet lors des manifestations de 2019 et 2022. La différence, c'est que cette fois, le blackout deviendrait structurel.

Comment ça fonctionne

L'architecture technique existe déjà en partie. L'Iran a développé son propre réseau national, le SHOMA, qui héberge des versions locales des services populaires. Un YouTube iranien, un Google iranien, une messagerie iranienne. Le tout sous contrôle total des autorités.

Le plan prévoit de séparer physiquement ce réseau national de l'internet mondial. Les citoyens ordinaires n'auraient accès qu'au SHOMA. Pour atteindre le web international — Google, Twitter, Wikipedia — il faudrait une autorisation spéciale, réservée aux officiels, aux hommes d'affaires validés, aux universitaires sous surveillance.

Techniquement, c'est faisable. La Corée du Nord fonctionne déjà sur ce modèle. La Chine maintient un système hybride avec son Grand Firewall. L'Iran n'invente rien — il radicalise un modèle existant.

La fin des VPN

Les Iraniens contournent actuellement la censure via des VPN. Ces outils chiffrent le trafic et le font transiter par des serveurs étrangers, rendant invisible aux autorités ce que l'utilisateur consulte. C'est un jeu du chat et de la souris : le régime bloque, les citoyens trouvent de nouveaux moyens.

Un internet à deux vitesses rendrait cette résistance techniquement impossible. Si les câbles physiques vers l'extérieur sont coupés pour le réseau grand public, aucun VPN ne peut créer de la connectivité qui n'existe pas. C'est la différence entre bloquer une porte et supprimer le mur entier.

Les experts estiment que 80% des Iraniens utilisent des VPN pour accéder aux réseaux sociaux internationaux. Ce chiffre tomberait à zéro dans le nouveau système — sauf pour ceux qui auraient les moyens d'obtenir des accès satellites clandestins.

Les implications économiques

Un tel isolement aurait des conséquences économiques massives. L'économie moderne dépend de l'internet mondial. Les entreprises iraniennes qui commercent avec l'étranger, les freelances qui travaillent pour des clients internationaux, les startups tech — tous seraient paralysés.

Le régime semble considérer ce prix acceptable. La priorité est le contrôle, pas la prospérité. Et pour l'élite qui conserverait l'accès international, les affaires continueraient normalement. C'est précisément le but : créer une classe privilégiée technologiquement dépendante du régime pour son accès au monde.

Un modèle exportable

Ce qui rend ce projet particulièrement inquiétant, c'est son potentiel d'exportation. Si l'Iran démontre qu'un pays peut fonctionner avec un internet fragmenté, d'autres régimes autoritaires pourraient suivre.

La Russie construit déjà son RuNet, un réseau national capable de fonctionner indépendamment. La Chine perfectionne continuellement son contrôle. Des pays comme la Birmanie, le Venezuela ou la Turquie observent ces expériences avec intérêt.

L'internet universel que nous connaissons — imparfait mais relativement ouvert — pourrait se fragmenter en une constellation de réseaux nationaux contrôlés. Le splinternet n'est plus une hypothèse théorique. C'est un projet en cours de réalisation.

La résistance technique

Face à cette menace, les technologues développent des contre-mesures. Les réseaux mesh permettent de créer des connexions locales sans passer par l'infrastructure centrale. Les communications par satellite, comme Starlink, offrent une voie de contournement — si les terminaux peuvent être introduits clandestinement.

Mais ces solutions restent marginales. Elles peuvent servir des activistes déterminés, pas une population entière. Et les régimes le savent : la répression de quelques milliers de dissidents est gérable, le contrôle de millions de citoyens en ligne est ce qui les inquiète vraiment.

Ce que ça signifie pour le monde

L'Iran n'est pas un cas isolé. C'est un laboratoire. Si ce système fonctionne — si le régime maintient le pouvoir tout en coupant sa population du monde — d'autres suivront.

L'Occident exprime son indignation mais fait peu. Les sanctions existantes n'ont pas empêché le régime de développer son infrastructure de censure. Les entreprises tech occidentales, malgré leurs déclarations sur la liberté d'expression, continuent de vendre du matériel réseau à des intermédiaires qui équipent ces systèmes.

L'internet ouvert n'était pas un accident. C'était un choix architectural. Et ce choix est en train d'être défait, pays par pays, câble par câble, pare-feu par pare-feu.

L'urgence d'agir

Chaque mois qui passe rend la fragmentation plus difficile à inverser. Les infrastructures se construisent, les compétences techniques se développent, les populations s'habituent. Bientôt, un internet mondial unifié sera un souvenir pour les plus âgés et un mythe pour les jeunes Iraniens.

La question n'est plus de savoir si nous pouvons empêcher cette évolution, mais si nous pouvons en limiter la propagation. Et pour l'instant, la réponse semble être non.

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