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opinion14 février 2026

"D'abord, fais-moi ressentir" : l'art oublié de capter l'attention

Pourquoi la plupart du contenu échoue avant même de commencer. L'essai de Gwern sur l'engagement narratif et ce qu'il nous apprend sur l'écriture à l'ère de l'IA.

Le problème que personne n'admet

Avant de convaincre, avant d'expliquer, avant de vendre — il faut d'abord capter. Et la plupart du contenu échoue à cette première étape. Pas parce qu'il est faux ou mal écrit, mais parce qu'il n'a jamais donné au lecteur une raison de continuer.

Gwern, l'essayiste anonyme dont le site est devenu une référence dans les cercles tech et rationalistes, a cristallisé cette idée en une formule : "First, make me care." D'abord, fais-moi ressentir quelque chose. Le reste vient après.

L'erreur classique

L'erreur que font la plupart des auteurs — techniques ou non — est de commencer par le contexte. "L'intelligence artificielle est un domaine en pleine expansion..." Non. Personne n'a jamais été captivé par un contexte. Les gens sont captivés par des tensions, des mystères, des enjeux qui les concernent.

Gwern cite la règle de Pixar : "Vous admirez un personnage plus pour ses efforts que pour ses succès." L'engagement narratif naît de la friction, pas de l'information. Avant de savoir comment quelque chose fonctionne, on veut savoir pourquoi ça compte.

Ce que ça change pour l'écriture technique

Dans l'écriture technique — documentation, articles de blog, présentations — la tentation est de structurer logiquement : définition, contexte, explication, conclusion. C'est propre. C'est aussi mort.

L'alternative : commencer par le problème que le lecteur ressent. Pas le problème abstrait, le problème vécu. "Vous avez passé trois heures à débugger ce code et vous ne comprenez toujours pas pourquoi il échoue." Maintenant le lecteur écoute, parce que vous parlez de lui.

L'économie de l'attention en 2026

Cette question devient plus urgente avec l'IA générative. Quand n'importe qui peut produire 10 000 mots cohérents en 30 secondes, la rareté n'est plus dans la production — elle est dans l'attention. Un article qui ne capte pas dans les 10 premières secondes n'est pas lu, peu importe sa qualité intrinsèque.

Les créateurs de contenu l'ont compris intuitivement. Les hooks YouTube, les premiers paragraphes de newsletters, les tweets d'accroche — tout est optimisé pour le "make me care" initial. Mais beaucoup confondent "capter l'attention" avec "faire du clickbait". La différence : le clickbait promet sans tenir, l'engagement narratif promet et tient.

Les techniques qui marchent

Gwern identifie plusieurs patterns efficaces :

Le mystère : poser une question dont le lecteur veut la réponse. Pas une question rhétorique vide, une vraie tension non résolue.

L'enjeu personnel : connecter le sujet à quelque chose que le lecteur valorise — son argent, son temps, sa santé, son identité.

La subversion : partir d'une croyance commune et la remettre en question. "Vous pensez que X, mais en réalité Y."

Le concret avant l'abstrait : une anecdote spécifique avant la généralisation. Un cas avant la règle.

Ce que ça implique pour l'IA

Les LLMs écrivent par défaut de manière générique, contextualisée, plate. C'est leur mode naturel — produire du texte qui ressemble à la moyenne de leur corpus d'entraînement. Le "make me care" est précisément ce qui échappe à cette moyenne.

C'est aussi pourquoi les meilleurs prompts ne demandent pas "écris un article sur X" mais "écris comme si tu devais convaincre un lecteur sceptique qui a mieux à faire". La contrainte force la friction.

En 2026, savoir écrire ne suffit plus. Savoir capter, en revanche, reste rare. Et c'est peut-être la compétence la plus précieuse dans un monde noyé de contenu.

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